• Elever un garçon - S. Biddulph

    Elever un garçon -

    Comment l'aider à devenir un homme heureux et équilibré?

     

    Ce livre est pour moi une pépite.

    L'intérêt est qu'il cible les différences notables, se base sur des faits qui expliquent ces différences comme le développement  des cerveaux masculins et féminins  dont les connexions hémisphères gauche/droit ne se font pas au même âge ou les taux de testostérone qui varient selon les âges...

    Il confirme qu'il s'oppose au sexisme, que ce ne sont que des tendances générales et surtout, ce ne sont pas des limitations!

    Il exprime quelque chose sur laquelle je n'arrivais pas à mettre de mot: cette propension à valoriser les comportements dits "féminins" (plus posés) au détriment de ceux dit "masculins" (plus actifs).

    Il invite à ne pas dénigrer les traits masculins mais à "leur donner une forme constructive".

    Il précise que jusque 6 ans, les différences restent minimes même si vers 4 ans, le petit garçon subit un pic de testostérone qui l'amène à plus aimer l'aventure, la bagarre et l'action.

    Ce taux fluctue et influence les comportements, vers 5 ans, il baisse de moitié et donc, un semblant de calme revient pour l'entrée au CP, et vers 11-13 ans, ce taux est 8x supérieur à celui de ces premiers pas et ses membres s'allongent à tel point que le système nerveux doit se reconfigurer! (si si!)

    Il confirme un autre de mes sentiments: le fait que le système éducatif est plus favorable aux filles et qu'aux garçons (méthode d'apprentissage, etc.) et que cela est bien dommage.

    Il parle de tous les aspects du développement: la relation à la mère et au père, le mode de garde, la sexualité, le sport etc...

    J'ai vraiment pu prendre pleinement conscience de ce que cela impliquait d'élever un garçon et aussi, de l'accepter  et le valoriser dans ses différences. Les étapes à passer viendront en temps et en heure mais avoir un point de repère me rend un peu plus sereine et je m'y replonge régulièrement en y piochant quelques phrases ici et là.

    Il n'est bien sûr pas exhaustif et ne peux pas donner toutes les réponses mais il permet de penser l'éducation autrement et c'est ce que j'aime.

    PS: L'intro fait par contre un peu peur puisqu'il y parle du taux trois fois plus élevé de mortalité chez les ados garçons (prise de risque, etc) mais bon, il positive ensuite! Promis!

    Si vous l'avez lu (ou avez lu élever une fille) je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé?

    Et sinon, je vous encourage vivement à le lire pour vous apporter un éclairage pertinent sur l'éducation de votre fiston.

     

    Elever un garçon - S. Biddulph2

    Bonne lecture.

     

    Un article intéressant sur le sujet:

    Elever un garçon aujourd'hui, le nouveau défi.


    2 commentaires
  • Depuis toujours, je lis, je dévore et depuis que je suis Maman, et bien je lis aussi sur les enfants et l'éducation car je suis curieuse et toujours à la recherche de connaissances. J'en ai lu des vertes et des pas mûres mais je préfère vous parler des livres qui m'ont apporté quelque chose.

    Pour une enfance heureuse(C.Gueguen)

    Pour une enfance heureuse, je l'ai lu en ayant un peu peur du côté "technique" (elle explique la maturation du cerveau notamment) mais finalement, pas besoin d'avoir peur, un peu de concentration suffit à tout comprendre.

    L'avoir relu pour vous en parler m'a même fait du bien car cette période difficile avec MisterBB est bien NORMALE:

    "En dessous de 5-6 ans, l'enfant a des impulsions qu'il contrôle difficilement[...]"

    "Très souvent les parents pensent que leur enfant de 3-4 ans est capable de maîtriser toutes ses émotions et impulsions. Ils perdent alors patience[...] en pensant qu'il le fait exprès."

    Et oui, c'est tellement ça...Et il est vrai que notre patience et notre calme ne sont pas tous les jours faciles à garder.

    Mais C. Gueguen remet les pendules à l'heure et dit que la Violence Educative Ordinaire (VEO) dont fessée et cris à toujours l'effet inverse que celui souhaité...notamment entre 3 et 5 ans:

    "l'enfant apprend à être agressif en étant lui-même agressé"

     Elle souligne que l'impact est non seulement "redoutable" sur les enfants (qui vont se soumette par crainte et non respect ou au contraire se rebeller avec plus de violence) mais également, sur leur eux en tant que futurs adultes (manque de confiance en soi, méconnaissance de la manière de gérer les conflits, etc).

    Les fameuses étiquettes de ""l'enfant tyran" et de l"enfant roi" encouragent les adultes à utiliser les rapports de force."

    "Cette étiquette proclamée comme une vérité[...]ne permet pas de comprendre [la]grande fragilité émotionnelle [de l'enfant], l'immaturité et la vulnérabilité de son cerveau."

    Elle ajoute qu'en réalité, ce sont les adultes qui usent et abusent de ce pouvoir de tyran afin de soumettre l'enfant afin qu'il agisse de la manière qu'ils veulent, quand ils le veulent car "l'enfant petit dérange" par son dynamisme, sa curiosité, ses actes et émotions excessifs et extravertis.

    Les parents fatigués, énervés en font (souvent inconsciemment) un parfait "bouc émissaire".

    Mais c'est un cercle vicieux car réagir avec cris et énervement à un comportement infernal ne fait qu'engendrer plus de cris et d'énervement...Le fameux 'neurone miroir' est activé dans l'esprit de l'enfant et donc, la réaction que l'on va adopter à son encontre va s'"imprégner" en lui.

    De fait, même si cela est difficile, se dominer est primordial pour lui montrer comment il est possible de gérer ses émotions négatives et lui montrer qu'il peut compter sur nous pour être une présence apaisante et rassurante qui l'aidera à se construire.

    Catherine Gueguen interroge le lecteur : Un parent doit-il être un chef ou un guide?

    Elle n'y va pas par 4 chemins (et j'avoue que je pense comme elle même si parfois, être un chef,c'est plus reposant car l'effet est plus immédiat) :

    "Etre un chef, c'est penser qu'il est possible de modifier le comportement de l'autre par des rapports de force, en criant, en donnant des ordres, en rabaissant, en humiliant."

    Face à un chef, l'enfant peut devenir "agressif, révolté, tyrannique ou provocant"ou à l'inverse, "très sage, obéissant, soumis" et cela peut provoquer un état "dépressif", une "perte d'identité" (il ne fait pas confiance à ce qu'il ressent puisque c'est l'adulte 'qui sait') et alterner entre soumission et révolte.

    Etre un guide, c'est être quelqu'un qui montre le chemin et la manière de faire. "Le parent est un jardinier"

    Etre dans la bienveillance ne veut pas dire être laxiste et ne pas mettre de limite mais "les limites sont données avec empathie et douceur". Elle explique que les frustrations sont déjà assez présentes dans l'environnement pour ne pas penser qu'il est bon d'en rajouter à foison. Il faut savoir notamment s'adapter à l'âge de l'enfant et éviter d'entrer dans un rapport de force.

    Mais alors, pourquoi en revient-on si souvent à penser que la VEO n'a jamais fait de mal à personne, que nous-mêmes sommes bien élevés et que donc, au final, ça marche pas si mal?

    Elémentaire, mon cher Watson, cela est ancré en nous (cf plus haut, le fameux neurone miroir de notre enfance qui s'est activé) et de plus "la majorité des adultes approuvent l'éducation donnée par leurs parents. Ils ne se questionnent pas, ils ne remettent pas en cause leurs parents puisqu[ils se disent]:"Je le méritais. Mes parents ont bien fait."Et la transmission de ces pratiques se poursuit de génération en génération."

    Dans la préface, Thomas d'Ansembourg dit qu'en entretenant ses rapports dominant-dominé, nous instillons dans l'esprit de nos enfants (et futurs adultes) que "Lorsque nous ne sommes pas d'accord, la seule façon de résoudre le conflit c'est de s'écraser ou d'écraser".

    Catherine G. conclut en disant ceci:" L'enfant s'épanouit quand l'adulte montre le chemin, est le modèle, n'utilise pas de rapports de force physiques ou verbaux avec l'enfant, mais au contraire entretient avec lui une relation aimante et empathique. Il faudra sûrement un certain temps pour que ce savoir se diffuse et fasse évoluer les habitudes culturelles. Ce savoir ne simplifie par le rôle des adultes, mais il les rend plus conscients et plus responsables de leur attitude avec les enfants.

    L'enfant apprend alors très tôt comment bien vivre affectivement et socialement." Et il pourra ainsi le transmettre autour de lui ainsi qu'à ses enfants.

    Ce livre fait du bien, rassure les parents qui sont, comme moi, sur la voie de la bienveillance (avec de vieux restes de l'éducation à l'ancienne en période de crise, arf!), il ne donne pas vraiment de solutions mais rien que le fait d'avoir les explications, de savoir par exemple que NON, l'enfant ne fait pas EXPRES de nous courir sur le système(même si on jurerait que si), cela fait relativiser et nous ramène à l'empathie qu'on oublie parfois d'avoir aussi bien envers les enfants, qu'envers les adultes.

    Il regroupe à lui seuls énormément de "clés" et de connaissances et je ne peux que le recommander chaudement.

    Par ici, un article plus approfondi.

     

    Bonne lecture.

    Pour une enfance heureuse(C.Gueguen) - Coup de coeur inside

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique